lundi, décembre 11, 2006

"Un écrivain engagé, c'est un rigolo, un cuistre."

Vos livres et vos prises de position politiques ne cessent de susciter des controverses houleuses. On a l'impression que vous aimez provoquer l'ire de vos contempteurs?

"Nous assistons impavides à une véritable offensive contre le langage. Nous sommes quasiment dans une société post-orwelienne, qui n'a pas besoin de contrôler le langage, elle a juste besoin de le niveler pour qu'il soit complètement inoffensif. Je fais scandale parce que j'emploie à peine quelques gros mots! Ma syntaxe et la manière dont j'emploie les mots font choc, car dans les universités, les écoles de journalisme, et à l'école élémentaire aussi, on apprend à être le plus consensuel et le plus soft possible. Il ne faut surtout pas choquer la personne en face de vous. Et surtout, il ne faut pas choquer le "bon" musulman. Fustigez qui vous voudrez, mais surtout pas l'islam! On nous demande de nous écraser, d'être gentils, gentils!"

Vous critiquez l'islam avec véhémence. Seriez-vous islamophobe?

"Je suis chrétien. Je fais la distinction entre les idées et les personnes. Il y a des musulmans modérés et des musulmans radicaux, voire fanatiques, mais il n'y a qu'un seul islam. Ceux qui, comme le psychanalyste Malek Chebel, affirment qu'il y a d'un côté les islamistes et d'un autre côté l'islam, sont au mieux des imposteurs. Il suffit de lire le Coran. Moi, je m'appuie toujours sur les textes. Si on veut comprendre le marxisme, on lit Marx. Si on veut comprendre le nazisme, on lit Hitler. Si on veut comprendre le fascisme, on lit Mussolini. On est bien d'accord là-dessus? Donc, si on veut comprendre l'islam, on ouvre le Coran. Et, quand on lit le Coran, on comprend qu'il n'y a effectivement aucune différence entre islam et islamisme. L'islamisme, ce n'est que la traduction activiste, "proactive", comme on dit au Québec, de l'islam. Les islamistes disent simplement: "On va appliquer l'islam". C'est tout!"

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